Pour tous les résidents de L'Île-des-Soeurs

 

 

L’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a été mandaté par la Ville de Montréal pour tenir une consultation sur son programme particulier d’urbanisme  pour la partie Nord de L’Île-des-Sœurs (PPU).

 

Des audiences publiques ont été tenues en octobre 2019 et l’Association des propriétaires et résidents de L’Île-des-Sœurs (l’APRIDS) y a déposé un mémoire. L’OCPM a publié ses recommandations le 14 mai 2020. 

 

Le but principal de l’opération : augmenter la densité de la population aux abords de la nouvelle gare du REM pour favoriser une plus grande utilisation des transports collectifs. 

 

L’Île-des-Sœurs compte actuellement un peu plus de 20 mille habitants. Au terme de son  développement prévisible, si le PPU est adopté sans amendements, l’Île devrait en compter environ 30 mille, soit 50 % de plus. L’APRIDS arrive à ce chiffre en additionnant l’ensemble des plans sur la table actuellement (voir détails plus bas).  

 

Dans son mémoire, l’APRIDS avait accueilli l’idée qu’une certaine densification serait acceptable, tout en demandant de réduire la norme imposée. L’APRIDS avait également émis plusieurs commentaires dont la plupart sont heureusement repris par le rapport de l’OCPM.  

Voici une courte liste des principales préoccupations de l’APRIDS qui  nécessitent l’attention diligente de  la Ville de Montréal et de l’arrondissement de Verdun: 

    1. Équipements collectifs :  

  • Le manque d’équipements collectifs à L’Île-des-Sœurs est reconnu par la ville et l’OCPM. Chaque fois qu’il est question d’un terrain pour une école, un parc, un gymnase ou une bibliothèque agrandie, les délais s’étirent et on risque de devoir se résoudre à des solutions de pis-aller parce que le prix des terrains est trop élevé. Or le projet d’urbanisme actuel est très vague sur l’acquisition de terrains par les pouvoirs publics.  
  • Le problème n’est pas unique à L’île-des-Sœurs, mais si on doit quitter son quartier pour accéder au moindre service, c’est beaucoup plus exigeant quand ce quartier est une île.  Plus exigeant par exemple que si on manque de services dans un quartier central comme Griffintown 
  • Tout comme l’OCPM, l’APRIDS estime donc essentiel que Montréal trouve le moyen d’acquérir les terrains nécessaires à la planification d’équipements collectifs suffisants pour la population projetée (écoles, équipements sportifs et culturels, et même parcs puisqu’ils sont inexistants dans la zone de densification projetée). Les terrains et les équipements collectifs coûtent cher, mais ils sont essentiels si on souhaite densifier sans faire fuir les familles vers la banlieue éloignée.   

2. Densité : l’APRIDS s’inquiète du fait que l’OCPM avalise sans hésitation une densité de 110 logements à l’hectare (3 700 logements) en plus de surfaces considérables d’espaces à bureaux et de commerces dans le secteur de la partie Nord (le secteur visé inclut la Pointe-nord et la Place du commerce). L’APRIDS déplore que le service d’urbanisme de la ville et l’OCPM n’aient présenté aucune étude sur la mobilité et la sécurité des futurs résidents de l’île pour appuyer cette importante densification. L’APRIDS croit que la densité de la partie Nord devrait plutôt avoisiner 80 logements à l’hectare. 

3. Milieu fragile : l’APRIDS croit que Montréal devrait considérer L’île-des-Sœurs comme un milieu plus à risque que l’Île de Montréal parce qu’on n’y trouve pas d’hôpitaux, ni service de police ou d’incendie suffisants en cas de catastrophe. 

  1. 4. Cohérence dans toute l’Île : les élus de l’arrondissement de Verdun admettent que le zonage de la Pointe-Sud permet déjà la construction d’un trop grand nombre de logements. L’APRIDS estime qu’ils devraient défendre une réduction de la densité au nord de l’Île en compensation des excès accordés au sud. L’île doit être traitée comme un tout. (voir plus bas les détails sur l’ensemble des zones à construire). 


  1. 5. Pont local : l’OCPM estime essentiel l’ajout d’un pont local permettant le transport collectif et le passage des véhicules d’urgence entre L’Île-des-Sœurs et Verdun. Malgré l’arrivée du REM, un tel pont risque en effet de devenir essentiel pour assurer la mobilité et la sécurité des résidents de l’Île quand la population aura augmenté. Pourtant, dans son PPU, Montréal ne prend aucun engagement à ce sujet et les élus de l’Arrondissement en ont  même rejeté l’idée en votant plutôt en faveur d’une passerelle exclusivement dédiée aux piétons et aux cyclistes. On peut donc se demander combien d’années il faudra pour que les fonds nécessaires à cette construction soient disponibles. L’APRIDS est par ailleurs consciente des controverses entourant l’idée d’un tel pont local. 

 

Les points positifs : Le CA accueille favorablement les idées suivantes : 

    • La refonte architecturale de la Place du Commerce; 
    • L’établissement d’un service de navettes électriques à l’intérieur de l’Île recommandé par l’OCPM; 
    • L’augmentation des espaces verts prévus au PPU, recommandée par l’OCPM; 
    • L’ajout de logements sociaux; 
    • Le maintien des espaces de stationnement commerciaux, recommandé par l’OCPM; 
    • La possibilité pour les promoteurs de prévoir un stationnement par logement, recommandée par l’OCPM; 
    • Le maintien de deux voies  de circulation sur la rue de la Place du commerce, recommandé par l’OCPM; 
    • L’inclusion du littoral Ouest dans le PPU, recommandée par l’OCPM; 
    • L’ajout d’espace pour les piétons et cyclistes aux abords de la gare du REM, recommandé par l’OCPM. 

 

Remarques sur l’ensemble des zones à construire à L’Île-des-Sœurs  

  • Le projet Symphonia de la compagnie Westcliff sur la Pointe-Sud comprend 6 tours à condos au total, soit environ 1 000 logements de plus qu’actuellement. 
  • Une tour est déjà construite 
  • Une seconde est en construction 
  • Deux viennent d’être approuvées en mai (respectivement 13 et 44 étages) 
  • Deux autres à venir d’environ 30 étages chacune, qu’il serait très surprenant de réussir à bloquer.  
  • Également, chemin du Golf et boulevard de la Forêt : près de 1000 logements pourraient encore être construits dans ce secteur et ne sont pas inclus dans le PPU. 
  • Au total 2000 logements sont donc à ajouter aux 3 700 prévus par le projet d’urbanisme et avalisés par l’OPCM. 5 700 logements équivalent à environ 10 mille nouveaux habitants d’ici une dizaine d’années. Ce sont ces chiffres qui permettent à l’APRIDS d’avancer que les plans à l’étude prévoient une augmentation de 50 % la population de l’Île. 

La hauteur des tours : ce sujet fait l’objet de controverses. Certains les préfèrent hautes et élancées avec plus d’espace dégagé au sol alors que d’autres les préfèrent plus basses pour conserver un caractère plus résidentiel. L’APRIDS croit que le véritable enjeu, c’est la densité. Avec une densité raisonnable, il est possible d’avoir des tours moins hautes et assez d’espace au sol.  
 

Conclusion 

L’APRIDS demande qu’avant d’adopter son plan d’urbanisme et de délivrer des permis de construction, la Ville de Montréal avec l’assentiment de l’arrondissement de Verdun : 

  • Fasse la démonstration par des études approfondies et indépendantes que la mobilité et la sécurité des résidents de L’Île-des-Sœurs ne seront pas compromises par une densité excessive. Ces études doivent tenir compte de l’achalandage du REM et des autoroutes dans une vingtaine d’années quand le développement aura atteint son plein potentiel, notamment autour des gares du REM de Brossard. 
  • S’engage à trouver les solutions novatrices afin d’acquérir un nombre de terrains suffisants pour offrir aux résidents actuels et futurs de L’Île-des-Sœurs les équipements collectifs dont ils ont besoin.    

L’Île-des-Sœurs 
Le 22 juin 2020